Chansons en écho : Brassens et Higelin


Voici 2 chansons en rapport avec les deux poèmes que vous avez étudiés : "A une passante" de Baudelaire et "Une allée du Luxembourg" de Gérard de Nerval. Appuyez-vous précisément sur des extraits des paroles de ces deux chansons pour montrer qu'elles ont des points communs avec les deux poèmes que vous avez étudiés. 


Georges Brassens, "Les passantes" (1972)

Georges Brassens (1921-1981) est une icône de la chanson française. Cet auteur-compositeur-interprète a écrit plus de 200 chansons, dont certaines sont des monuments du répertoire ("Chanson pour l'Auvergnat", "La Mauvaise Réputation", "Les Amoureux des bancs publics", "Les Copains d'abord", "Les Trompettes de la renommée"... ) Il a aussi mis en musique des poèmes de François Villon, Victor Hugo, Paul Verlaine, Antoine Pol, Théodore de Banville et Louis Aragon. Sensibles aux idées anarchistes, il a toujours exprimé ses idées dans ses chansons et lutté contre une certaine hypocrisie de la société. Il critique la religion, rejette les conventions sociales (notamment le mariage), prend parti pour les plus pauvres, les laissés-pour-compte (les prostituées par exemple) et prend position contre la peine de mort (notamment dans "Le Gorille", chanson interdite d'antenne pendant des années).

 

La chanson est à l'origine un poème écrit par Antoine Pol en 1918. Brassens en a éliminé deux strophes (en italiques ci-dessous)

 

Je veux dédier ce poème

A toutes les femmes qu'on aime

Pendant quelques instants secrets

A celles qu'on connait à peine

Qu'un destin différent entraîne

Et qu'on ne retrouve jamais

 

A celle qu'on voit apparaître

Une seconde à sa fenêtre

Et qui, preste, s'évanouit

Mais dont la svelte silhouette

Est si gracieuse et fluette

Qu'on en demeure épanoui

 

A la compagne de voyage

Dont les yeux, charmant paysage

Font paraître court le chemin

Qu'on est seul, peut-être, à comprendre

Et qu'on laisse pourtant descendre

Sans avoir effleuré sa main 

A la fine et souple valseuse

Qui vous sembla triste et nerveuse

Par une nuit de carnaval

Qui voulut rester inconnue

Et qui n'est jamais revenue

Tournoyer dans un autre bal

 

A celles qui sont déjà prises

Et qui, vivant des heures grises

Près d'un être trop différent

Vous ont, inutile folie,

Laissé voir la mélancolie

D'un avenir désespérant

 

Chères images aperçues

Espérances d'un jour déçues

Vous serez dans l'oubli demain

Pour peu que le bonheur survienne

Il est rare qu'on se souvienne

Des épisodes du chemin 

Mais si l'on a manqué sa vie

On songe avec un peu d'envie

A tous ces bonheurs entrevus

Aux baisers qu'on n'osa pas prendre

Aux coeurs qui doivent vous attendre

Aux yeux qu'on n'a jamais revus

 

Alors, aux soirs de lassitude

Tout en peuplant sa solitude

Des fantômes du souvenir

On pleure les lèvres absentes

De toutes ces belles passantes

Que l'on n'a pas su retenir



Jacques Higelin, "Coup de foudre" (2010)

Depuis qu'j'ai croisé dans l'escalier

Du métro aérien

Le sourire enfantin

Aux lèvres d'une beauté printanière

Que la flèche de son regard moqueur

S'est planté dans le mien

Coup de foudre assassin

En plein coeur

 

Envoi tout droit au septième ciel..

Où l'amour fou m'a donné rendez-vous

Tout en haut de la Tour Eiffel

Vertige amoureux

Baisers qui s'envolent sur les ailes du vent

Serments éternels

Gravés dans le bleu du ciel

C'est pas qu'je t'aime t'aime t'aime t'aime t'aime

C'est pas qu'je t'aime t'aime t'aime t'aime

Mais y'a d'ça !

 

Comme la p'tite boule bleue

Qui nuit et jour

Tourne autour du soleil

Jour et nuit moi je veille

Sur les étoiles qui brillent dans tes yeux 

 

Sans poser les pieds au sol

On peut faire tous les tours qu'on veut

Sur le grand manège amoureux

Qui nous emmène au septième ciel

Cheveux au vent

Battant des ailes 

Dans les courants ascensionnels

Le givre et le gel

La neige et la grêle fondent en pleurs

Le vent nous aveugle

Gravé dans le bleu du ciel

 

C'est pas qu'je t'aime t'aime t'aime t'aime t'aime

C'est pas qu'je t'aime t'aime t'aime t'aime

Mais y'a d'ça !

 

Mais y'a d'ça !

Je t'aime !

Je t'aime !

Je t'aime !